Edit : ici un commentaire très intéressant de Human Target, avec à sa suite une réponse non moins intéressante de moi-même. Le tout portant sur le whisky, la 9ème saison de Derrick et le docteur Lediantre, cet ensemble hétéroclite éclairant quelque peu la médiocrité des quelques derniers posts (si on peut parler de "médiocrité éclairée").
Edit bis, 9.04.08 16h11 : je viens de croiser le docteur Lediantre à la pharmacie. J'ai réalisé un truc : il ressemble un peu à Derrick.
Je ne me souviens plus exactement comment j'ai passé la matinée et le début d'après-midi de ce mardi 22 janvier. Juste le réveil qui sonne sur une décision ferme : "Je n'irai pas travailler aujourd'hui, j'irai voir le médecin". Gloubinours qui lui se lève et enclenche le mécanisme d'un rouage bien huilé : il part vers 8h00, rentrera en fin d'après-midi. Me suis-je préparée tout de suite après son départ, ou ai-je traîné en pyjama jusqu'à l'heure des consultations sans rendez-vous ? Qu'ai-je regardé à la télévision, sur Internet ? Qu'ai-je fait de ces quelques heures en suspens, en équilibre instable, alors que j'avais déjà cessé de suivre le cours "normal" de mon existence, mais que je n'étais pas encore officiellement un professeur arrêté pour syndrome dépressif ?
Je me rappelle tout de même le retour d'un vieux démon : la culpabilité...
S'il est un sentiment absolument inutile, infructueux, sclérosant, et qui plus est, le plus souvent infondé, c'est bien la culpabilité. Si j'en doutais encore, cette vérité m'est apparue dans toute sa splendeur le jour de ma chute mémorable dans les escaliers : cette chute ayant pour cause, en plus de la gravité, l'absence de source de lumière convenable, cette absence ayant pour cause la lenteur des travaux de la maison, cette lenteur ayant pour cause... Gloubinours, pour le dire simplement (la détermination exacte des causes de ce problème mériterait en effet un blog à elle toute seule. Note pour plus tard : se pencher sur la question). J'expérimentai ce jour-là le premier vol plané de ma vie avec une émotion non dissimulée. Alerté par la manifestation sonore de cette émotion, Gloubinours accourut, et, agenouillé devant mon corps étendu sur la tomette du dix-huitième siècle, se lança dans une supplique ayant pour titre "Pardonne-moi, pardonne-moi, je m'en veux, je m'en veux, pardon". J'aurais préféré la chanson guillerette du secouriste ayant pour refrain "ça va ? tu as mal ? tu sens tes doigts de pieds ?". Je ne manquai pas de lui faire savoir en aboyant qu'il pouvait se la mettre où je pensais, sa culpabilité, et que je n'en avais rien à f..., de sa culpabilité.
Si je me permis d'affirmer cela de façon aussi péremptoire, c'est parce que j'avais passé environ 25 années à expérimenter moi-même le pouvoir paralysant de la culpabilité. Et parce que 25 ans, c'est assez long, et que la culpabilité ce n'est pas amusant aussi longtemps, on peut dire que je m'en étais débarrassée, du moins, sur les points fondamentaux (i.e. : je ne suis pas coupable de ne pas être parfaite + je ne suis pas coupable de ne pas être aimée par tous les individus de la Terre. Même si cela serait sans doute très agréable).
Et voilà qu'au moment où je suis absolument certaine de ne pas pouvoir continuer ainsi, j'ai pourtant le sentiment de n'être qu'une prof tire-au-flanc qui s'apprête à quérir un arrêt maladie chez un médecin un peu conciliant pour avoir plus de temps pour corriger ses copies...
Je me sens coupable
Parce que j’ai l’habitude
C’est la seule chose
Que je peux faire
Avec une certaine
Certitude
C’est rassurant
De penser
Que je suis sûre
De ne pas me tromper
Quand il s’agit
De la question
De ma grande culpabilité
(Lhasa - La Confession)
à suivre...