Le diagnostic 13 : un peu grave
Mais le fait est qu'il y a de cela (pour comprendre, relire "le diagnostic 12. Faites un effort un peu). Dans mes
fantasmes d'attentat à ma vie ou à ma santé, il y a surtout ce besoin
de signifier. De dire sans dire. De montrer. "Regardez, regardez ce
que j'ai fait, comprenez comme je souffre, non ce n'est pas qu'un petit
coup de blues, vous ne pouvez pas me dire qu'il suffit de me reprendre
et que j'ai tout pour être heureuse maintenant, ce que j'ai fait vous
prouve à quel point je suis mal". C'est exactement ce fantasme qui
m'anime lorsque, lors d'une dispute, je casse des verres, je donne des
coups de pied dans les tables ou, plus rarement, des coups de poing
dans les murs.
C'est moins l'envie d'exploser physiquement que l'envie
de montrer à l'autre, au-delà des mots, ce que je ressens ; l'envie de
lui donner un signal indiquant qu'il est grand temps de trouver une
autre direction pour résoudre le problème. Le fait est que ce genre de
message perd beaucoup de son efficacité au fur et à mesure
d'utilisations répétées, pour finir par être totalement inefficace,
voire nuisible. En d'autres termes, lorsque, il y a quinze jours, j'ai
définitivement rayé le parquet en donnant un violent coup dans la table
basse, et que j'ai vu Gloubinours beaucoup plus ennuyé par l'état de
son parquet fraichement posé que par mon état émotionnel, j'ai compris
que j'avais épuisé toutes les potentialités de ce mode de
"communication".
Revenons
à mes fantasmes morbides : dans la voiture, une soudaine envie de faire
valser la voiture. Les pompiers, l'hôpital, les visites, les questions,
la pitié, et enfin, la reconnaissance de mon mal. L'étiquette. C'est si
confortable une étiquette...
Toujours, ce
garde-fou : mon manque d'altruisme à ses limites. Si je suis capable de
détériorer le parquet d'autrui, j'ai trop de scrupules pour lui imposer
un accident de voiture.
Mais tout de même.
Quelque
chose d'un peu différent, cette fois-ci. Je m'en suis rendue compte au
cours de cette nuit du 21 au 22 janvier, pendant que je tournais en
rond dans mon lit. Malgré le garde-fou, une délectation un peu plus
importante que d'habitude à imaginer ce que serait cette abomination.
Dans les virages, je réalise, et j'éclate en sanglots. Voilà où j'en suis.
Je décide alors de m'avouer que cela commence à être un peu grave.
À suivre...
PS : bon, ça n'avance pas beaucoup (et du coup, on en reste sur des trucs pas très drôles, mais bon) : le fait est que je suis en mode "correction de copies" depuis deux jours. Eh oui...
Par mushroom, Vendredi 18 Avril 2008 à 00:00 GMT+2 dans Accueil (article, RSS)



