En arrêt maladie...
En rentrant de ce rendez-vous chez le médecin, j'appréhende un peu la discussion avec Gloubinours. Je voudrais vraiment qu'il réalise, sinon que je suis en dépression, au moins que je ne vais vraiment pas bien psychologiquement. Or, même si cet homme est victime de quelques névroses comme tout le monde, il n'est pas du genre à "se prendre la tête". Non. Quand cet homme ne va pas bien, au pire il va se coucher, au mieux il va faire du jardinage.
Moi, je remets en cause le sens de l'existence et je cesse de croire en l'humain. Chacun son truc.
Effectivement, lorsque je descends de la voiture, il me lance d'un air goguenard : "Alors, t'as obtenu combien de jours de vacances ?"
Surtout, ne pas se vexer. Il n'a pas dit ça méchamment. Au contraire, il cherche à détendre l'atmosphère. Respire.
Je lui explique la situation, et lui expose mon interrogation principale : prendre ou ne pas prendre les médocs ? Je m'inquiète un peu lorsqu'il me met en garde contre le mot même de dépression : l'idée étant de ne pas me laisser aller sous prétexte qu'on m'a affublée de cette étiquette. Mince : est-ce qu'il va enchaîner sur l'horrible "Mais t'as touuuut pour être heureuse !!!" ?
En pleurant (encore) à chaudes larmes, je parviens à lui expliquer que c'est un peu plus grave qu'un coup de blues, que la machine à vivre ne redémarre pas, et que parfois... Et cet homme, qui semble ne s'être jamais posé de questions sur l'absurdité de la vie, me comprend.
C'est à peu près là que je décide de consulter un psychiatre. Je pense que lui seul saura déterminer si mon état est véritablement dépressif ou non, si mon cas est adapté à un traitement ou non.
Gloubinours est censé partir au ski avec des amis dans quelques jours (les vacances de février arrivent) ; évidemment, il propose de rester. Je refuse fermement. Un peu parce que je n'ai pas envie qu'il se prive de ce séjour. Surtout parce que je sens que ça ne m'apportera rien. Que je dois régler quelque chose avec moi-même, seule à seule. Mon intuition s'avèrera bonne.
C'est pendant cette semaine passée seule que j'achète le Sciences et Avenir "spécial dépression". J'y lis des choses très intéressantes, qui nourrissent ma réflexion et qui pourraient m'inspirer au moins 8 posts... que je vous épargnerai. En résumé : oui la dépression est une maladie qui existe, oui elle peut être soignée à l'aide de médicaments qui ont une action très précise sur le cerveau. Oui, mes symptômes correspondent (troubles alimentaires, moral en berne en continu, et troubles du sommeil typiques du dépressif). Mais il ne faut pas confondre véritable dépression (= problème physiologique) avec le fait d'être temporairement malheureux (= état d'âme faisant nécessairement partie de la vie). Un article explique également que beaucoup de véritables dépressifs ne sont pas soignés médicalement, alors que ça les aiderait ; et que beaucoup de non dépressifs prennent des anti-dépresseurs, alors que c'est inutile, voire néfaste.
Toute la difficulté réside donc dans le diagnostic.
Je ne peux évidemment pas compter sur mon médecin traitant, qui donnerait trois boîtes de Prozac à quiconque serait bouleversé d'avoir oublié d'enregistrer la Nouvelle Star.
D'où le psy. À ce moment là, je me dis non seulement que seul ce praticien pourra me fournir la réponse, mais qu'il me la fournira à coup sûr.
Au cours de cette semaine, le soleil revient. Mon moral s'améliore. Tiens. Aurais-je été seulement victime du syndrome de dépression saisonnière, que l'on soigne à coup de lampes super-puissantes ? Eh bien... je vais avoir l'air fine chez le psy... En outre, parce que je suis seule, je fais beaucoup plus d'efforts pour m'occuper et aller mieux, car je sais que personne n'est là pour me ramasser en cas de coup dur. On peut donc dire que je vais plutôt bien.
Mais à l'idée de reprendre le travail dans une semaine environ, tout s'écroule à nouveau. Revoir ces boeufs, revoir cette société sale et sans lueur, ni d'intelligence ni d'espoir. Exercer à nouveau ce métier dans l'hypocrisie qui consiste à se faire croire qu'on sert à quelque chose. Envie de vomir.
Vite, la psy.
Par mushroom, Jeudi 29 Mai 2008 à 00:00 GMT+2 dans Accueil (article, RSS)



