Retour parmi les humains
J'ai donc choisi "ça", qui me vaudra peut-être l'honorable titre de "propriétaire de blog le plus triste de la terre," catégorie "moins de 20 visiteurs par jour".
Mais au moins, ce n'est ni rose ni bleu ni vert, les étoiles n'ont rien à voir avec Noël, et les titres apparaissent clairement.
Bien sûr, il y a des moyens de changer certains paramètres, mais sur l'interface proposée par mabulle, ça ne fonctionne pas. Et je n'ai pas envie de me pencher plus avant sur la question. Cela étant dit, si quelqu'un possède un vieux template dont il ne veut plus...
On ne sait jamais ; je donne bien mes vieilles fringues.
Mais trève de bavardages, je souhaiterais conclure le récit de ma pseudo-dépression.
Comme je l'écrivais il y a quelque temps, "tout" s'est finalement "résolu" à partir d'une discussion avec deux collègues et amies. Bien entendu, celles-ci n'ont pu que mettre à jour les solutions que je possédais déjà en moi, telle la maïeutique de Socrate - cela dit : j'estime que la psy aurait dû pouvoir le faire aussi. Ou du moins me mettre sur la voie, me faire sentir que le bout tunnel n'était pas loin. Ou du moins ne pas se comporter comme une vieille harpie.
Enfin bref.
J'ai repris le chemin du lycée à la rentrée de fin février, en abordant la situation de la manière prévue. Tout était à la fois si semblable et si différent. Je mesurai à quel point le monde n'existe que dans notre regard. Ce qui était désespérant et tragique en janvier était (re)devenu léger, surmontable, au pire : dommage. Les élèves de première qui ne comptaient même pas se présenter à l'épreuve ; les étudiants de BTS qui allaient vers leur examen à reculons, redoutant le moment où ils allaient quitter leurs confortables places de parasites sociaux ; les reportages télé véhiculant toujours la même image des profs ; X.D. cherchant à allonger notre temps de travail ; mon amie CPE travaillant dans un lycée bien plus problématique que le mien et qui ne peut même plus répondre aux jeunes conscients qu'ils n'ont pas d'avenir...
Non pas que je me suis mise à dire sans cesse "Ah, au moins, j'ai les *classe de mignons n°1* et les *classe de mignons n°2* pour me faire plaisir". J'ai déjà expliqué que je ne pouvais pas fonctionner ainsi, que je ne pouvais pas compartimenter mon métier en catégories "à prendre" et "à laisser". Je ne peux pas donner un sens à mon travail en le morcelant. J’ai simplement accepté… Comme on accepte la mort, la maladie, le fait de mesurer 1.57 m ou d’être mauvais en maths. On accepte, parce que même si on peut s’atteler à améliorer de petits éléments, on ne peut pas sauver l’humanité. On accepte pour survivre, pour continuer à se lever le matin.
Même si au-dedans je prends souvent quelques minutes pour mesurer la tragédie du monde.
Je continue jour après jour à foncer vers la lumière comme un papillon de nuit qui n’a pas encore compris.
Je continue à aimer la passionnante illusion qui nous tient en vie.
Par mushroom, Dimanche 7 Septembre 2008 à 10:35 GMT+2 dans Des pressions ? (article, RSS)



