Dépression or not dépression ?
Je ne saurai jamais si j'ai vraiment été victime d'une dépression. Enfin si : si jamais je "replonge" et que là je suis certaine d'être en dépression, je pourrai me dire que c'était un gros signe avant coureur. Mais je trouve ça classe de commencer un article par "je ne saurai jamais si... ".
Récapitulons les indices :
- le diagnostic du docteur Lediantre. Indice de confiance : - 2/10
Même si cet épisode tenait davantage de la caricature que de la consultation médicale, il s'avère que beaucoup de médecins généralistes procèdent ainsi. Le patient pleure, pleure et repleure, semble dégoûté de tout : et hop, ils sortent le "pack dépression". Arrêt-maladie + Prozac (ou autre, pour faire moins cliché). Tout ça en moins d'une demi-heure d'entretien. Le "pack dépression" comprend rarement l'option "envoi chez le psy" (je rappelle que c'est moi qui l'ai demandé - c'est comme le ketchup au MacDo, on vous le donne bien volontiers, mais il faut demander). Résultat : énormément de gens nons dépressifs se retrouvent sous antidépresseurs,aïe.
- le diagnostic de la Vieille Peau (=la psy). Indice de confiance : 10/20
Elle m'a dit "vous n'avez pas besoin d'antidépresseurs". Chouette. Mais pourquoi ? Je n'ai pas posé la question.J 'y réfléchis souvent : quels étaient les signes qui montraient que je n'étais pas en dépression ? Ou peut-être, que j'étais en train d'en sortir ? Ma capacité à analyser la situation, à réagir, à ne pas céder à l'irrésistible envie de l'insulter ? Mais ces signes-là, je ne les aurais certainement pas donnés si je l'avais vue un mois plus tôt. Est-il possible d'avoir traversé une vraie dépression et d'en être sortie sans chimie ?
- mes conclusions établies à partir du "Sciences et Avenir" special "Dépression de février 2008. Indice de confiance : 15/20 (comme quoi, j'ai assez confiance en moi)
Ce dossier expliquait ce qu'était physiquement la dépression. Physiologiquement, plus exactement. Un dysfonctionnement dans le cerveau, mettant en scène l'hypophyse je crois, ou l'hypothalamus peut-être, et les hormones qui ne sont plus secrétées correctement (notamment les hormones du sommeil - mélatonine - et de la bonne humeur - sérotonine... je crois - ). Quand je me demande "Ai-je traversé une vraie dépression ?", c'est là-dessus que je m'interroge : mon cerveau a-t-il présenté ce dérèglement physiologique ? Dans le sens du oui : mes symptômes de dérèglement du sommeil, (l'insomnie "typique" du dépressif), et le fait que tout a commencé à s'arranger avec le retour du soleil, durant la première semaine des vacances de février (il s'agirait alors d'un syndrôme dépressif saisonnier, lui aussi reconnu médicalement). Dans le sens du non : le fait d'en être sortie si rapidement... Quand je lis la description de ce dysfonctionnement, j'ai l'impression que seule la chimie peut en venir à bout...
- mes conclusions à partir de mon état actuel. Indice de confiance : ?
Je recommence à me réveiller à 3 heures du matin pour me rendormir à 5 heures. Depuis la rentrée. Et beaucoup plus quand il y a cours le lendemain. Mais pas seulement. Mais sinon, je vais très bien.
Rien de très probant donc, dans ces dernières observations. Ce dérèglement physiologique présente-t-il divers degrés, dont les plus bas ne nécessiteraient pas d'intervention médicamenteuse ? Je ne suis pas la seule à avoir ces problèmes de sommeil ; toutes les personnes concernées n'ont pas pour autant envie de se jeter par la fenêtre...
Mais si ce dysfonctionnement nous concerne tous plus ou moins, qu'il n'est qu'en fait la manifestation des états d'âmes que chaque être humain éprouve, à quel moment sait-on que les médicaments sont absolument nécessaires ?
Sont-ils absolument nécessaires ?
Est-ce bien raisonnable de prescrire autant de ces pilules pour soigner une maladie qui soulève autant de questions ?
Par mushroom, Mardi 16 Septembre 2008 à 09:38 GMT+2 dans Des pressions ? (article, RSS)




